l'épée

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dimanche 29 janvier 2012

Après la pluie

Un gros sondage m'a assombri le moral. C'est rageant de se dire que la politique est réduite à une vente de savonnettes avec des têtes de gondoles qui jouent l'effet marque. Est-ce que le consommateur roi se souvient que le premier du genre fut publié au moment des accords de Munich? Tout un symbole. On aimerait qu'il redevienne un citoyen et laisse son inspiration le guider. Pas de prophétie autoréalisatrice qui martèle au quotidien: voici le chemin. Il est capable d'intuition, de saine colère, de courage. Quelle éclaircie ce beau matin de 2005.

Derrière le sondage, il y a le journalisme facile, tendance commentateur qui porte une écharpe. Il craint toujours de prendre froid à jouer les girouettes. Ce journaliste là, il sait à quoi s'attendre. Il y a la marque 1, la marque 2, la 3. Au mieux, le pronostic est plus simple que lors d'un match de rugby, au pire, il y a des surprises à la marge et la "surprise" c'est un peu de vert, un zest de modem. Curieusement, certaines surprises ne sont pas comptabilisées. C'est tellement ennuyeuxqu'on a besoin de temps en temps de se faire peur. La République a tremblé le 21 avril. En fait son truc, ce n'est pas tant de comprendre le réel, c'est de dire ce que certains veulent entendre.

Pas simple au royaume du bougisme de prendre le temps de l'explication. Même une idée claire peut parfois demander du temps. Entre les bruits parasites, les pop up pour PMU et café, les éoliennes qui brassent de l'air et les mauvais comiques qui ont perdu l'humour en même temps que la lucidité, comment convaincre? Et pourtant, quand tout semble perdu, c'est un ami qui sort de l'ombre. Le militant est mort avec les années 70, mais paradoxalement, l'ère des partis de grande distribution a fait renaître le partisan.

Scaramouche

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