l'épée

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mercredi 15 février 2012

Bas du front...

"Un homme de gauche, c'est quelqu'un qui aime la Terre entière mais déteste que son voisin se mouche", aurait dit François Mitterrand. Certains mecs du Front de Gauche, ce sont des types qui aiment la Grèce entière mais ne supportent pas que leur voisin de droite vienne manifester avec eux. Lundi 13 février au soir, une manifestation était organisée devant l'ambassade de Grèce. S'y trouvaient des militants du Front de gauche, du NPA et Nicolas Dupont-Aignan venu témoigner sa solidarité. Sa présence n'a pas plu et d'héroïques "anti fascistes" ont préféré le chasser par la force de manière bien évidemment courageuse. 

Bon il y a des cons partout et les sectaires ne le sont pas moins à gauche qu'à droite ou ailleurs. Des militants du FG ont eu d'ailleurs des réactions saines condamnant l'attitude de ces manifestants. Ce qui est gênant, c'est moins l'attitude d'une bande que la réponse suite à l'incident par Jean-Luc Mélenchon sur son blog:

"Je suis arrivé après que Nicolas Dupond-Aignant a été mal reçu, je ne sais par qui, ni de quel parti, ni comment. Je suis désolé qu’il ait été maltraité. Mais il lui revient de savoir que personne parmi nous n’aime la confusion des genres politiques. Il aurait dû y penser. Il aurait dû organiser sa présence de son côté avec les militants de son parti. Personne ne les aurait empêchés de le faire. Mais venir au milieu des nôtres, comme s’il était chez lui : non. Ce n’est pas raisonnable pour lui de ne pas l’avoir compris tout seul. Aucun de nous n’a envie de donner prise aux insupportables amalgames qui font les délices de la presse « oui-oui » qui met dans un même sac « souverainiste » ou « populiste », tout ce qui s’oppose à leur cruel aveuglement. Et devant le martyre des Grecs nous mettons en cause le capitalisme de notre époque, français, allemand et nord-américain en particulier. Pas les billevesées des frustrations nationalistes. Nous ne voulons pas être récupérés. Nous sommes internationalistes."

Mélenchon après avoir déploré l'incident en impute donc la responsabilité à la victime. Au delà de la pitoyable défense arguant de l'internationalisme (Jaurès ne disait-il pas qu'un peu d'internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène?), au delà de l'argument sur "les nôtres" (dont certains il y a peu étaient aux côtés du "souverainiste" Chevènement, n'est-ce pas camarade Coquerel?), au delà de toutes ces petites choses sur les nationalistes frustrés, il est gênant de voir un candidat à la présidence pris en otage par son aile extrémiste et il est encore plus détestable de voir le candidat à la magistrature suprême considérer le peuple comme divisible en morceau entre les "eux" et les "nous".

Le juste combat pour la Grèce aurait pu être l'objet d'une union sacrée. Il ne me semble pas que les communistes ou socialistes engagés dans la résistance aient eu ce type d'attitude vis à vis des gens de droite venus les rejoindre. Georges Guingouin, Rol Tanguy, les Aubrac se sont engagés aux côtés de De Gaulle ou de Leclerc, ils n'ont pas refusé sous prétexte qu'ils n'étaient pas "des nôtres". On imagine mal un des députés s'opposant aux pleins pouvoirs de Pétain refuser le vote de Kérillis en prétextant l'amalgame que ne manquerait pas de faire la presse aux ordres de Laval...

Qu'il y ait débat et désaccord, c'est une chose, mais n'y a-t-il pas des causes qui dépassent nos petites querelles? Comme dirait ce poème cher à Montebourg, "quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, fou qui songe à ces querelles au sein du commun combat."

Il y a enfin des attitudes qui parlent d'elles même, visiblement Jean-Luc Mélenchon préfère devenir chef de bande plutôt que président. Il vient de simplifier mon choix pour le mois d'avril en m'ôtant une possibilité. C'est déjà ça.

Scaramouche

2 commentaires:

  1. Billet d'autant plus excellent qu'y figure une référence au grand Kérillis. J'applaudis sans retenue.

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  2. on sent la profondeur de tes convictions quand tu écris, mieux vaudrait faire de même quand tu votes...s'arrêter à une sortie et à un homme quand il y a tout un programme à faire appliquer....tu attends l'homme providentiel? tu vas être déçu toute ta vie!
    enfin,tant que tu votes pour un programme qui mettra fin à la Vème république, à la dictature néolibérale et la farce médiatique permanente...notre cause restera commune.

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