"Un homme de gauche, c'est quelqu'un qui aime la Terre entière mais déteste que son voisin se mouche", aurait dit François Mitterrand. Certains mecs du Front de Gauche, ce sont des types qui aiment la Grèce entière mais ne supportent pas que leur voisin de droite vienne manifester avec eux. Lundi 13 février au soir, une manifestation était organisée devant l'ambassade de Grèce. S'y trouvaient des militants du Front de gauche, du NPA et Nicolas Dupont-Aignan venu témoigner sa solidarité. Sa présence n'a pas plu et d'héroïques "anti fascistes" ont préféré le chasser par la force de manière bien évidemment courageuse.
Bon il y a des cons partout et les sectaires ne le sont pas moins à gauche qu'à droite ou ailleurs. Des militants du FG ont eu d'ailleurs des réactions saines condamnant l'attitude de ces manifestants. Ce qui est gênant, c'est moins l'attitude d'une bande que la réponse suite à l'incident par Jean-Luc Mélenchon sur son blog:
"Je suis arrivé après que Nicolas Dupond-Aignant a été mal reçu, je ne sais par qui, ni de quel parti, ni comment. Je suis désolé qu’il ait été maltraité. Mais il lui revient de savoir que personne parmi nous n’aime la confusion des genres politiques. Il aurait dû y penser. Il aurait dû organiser sa présence de son côté avec les militants de son parti. Personne ne les aurait empêchés de le faire. Mais venir au milieu des nôtres, comme s’il était chez lui : non. Ce n’est pas raisonnable pour lui de ne pas l’avoir compris tout seul. Aucun de nous n’a envie de donner prise aux insupportables amalgames qui font les délices de la presse « oui-oui » qui met dans un même sac « souverainiste » ou « populiste », tout ce qui s’oppose à leur cruel aveuglement. Et devant le martyre des Grecs nous mettons en cause le capitalisme de notre époque, français, allemand et nord-américain en particulier. Pas les billevesées des frustrations nationalistes. Nous ne voulons pas être récupérés. Nous sommes internationalistes."
Mélenchon après avoir déploré l'incident en impute donc la responsabilité à la victime. Au delà de la pitoyable défense arguant de l'internationalisme (Jaurès ne disait-il pas qu'un peu d'internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène?), au delà de l'argument sur "les nôtres" (dont certains il y a peu étaient aux côtés du "souverainiste" Chevènement, n'est-ce pas camarade Coquerel?), au delà de toutes ces petites choses sur les nationalistes frustrés, il est gênant de voir un candidat à la présidence pris en otage par son aile extrémiste et il est encore plus détestable de voir le candidat à la magistrature suprême considérer le peuple comme divisible en morceau entre les "eux" et les "nous".
Le juste combat pour la Grèce aurait pu être l'objet d'une union sacrée. Il ne me semble pas que les communistes ou socialistes engagés dans la résistance aient eu ce type d'attitude vis à vis des gens de droite venus les rejoindre. Georges Guingouin, Rol Tanguy, les Aubrac se sont engagés aux côtés de De Gaulle ou de Leclerc, ils n'ont pas refusé sous prétexte qu'ils n'étaient pas "des nôtres". On imagine mal un des députés s'opposant aux pleins pouvoirs de Pétain refuser le vote de Kérillis en prétextant l'amalgame que ne manquerait pas de faire la presse aux ordres de Laval...
Qu'il y ait débat et désaccord, c'est une chose, mais n'y a-t-il pas des causes qui dépassent nos petites querelles? Comme dirait ce poème cher à Montebourg, "quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, fou qui songe à ces querelles au sein du commun combat."
Il y a enfin des attitudes qui parlent d'elles même, visiblement Jean-Luc Mélenchon préfère devenir chef de bande plutôt que président. Il vient de simplifier mon choix pour le mois d'avril en m'ôtant une possibilité. C'est déjà ça.
Scaramouche
Lame nue
mercredi 15 février 2012
Bas du front...
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mercredi 8 février 2012
Victoire en vue vraiment?
Bon, il paraît que la gauche a toutes ses chances. Enfin par gauche, il faut entendre parti socialiste et croire sur parole les sondages, tout en répétant que Sarko, bien sûr, c'est le roi des candidats et que la peau de l'ours, il faut, bien sûr, attendre de l'avoir forgée. Ceci étant, trouver un Sarkozyste convaincu de nos jours, c'est difficile. Partons donc du principe que demain, les Français ne feront pas preuve d'humour en élisant Bayrou. François Hollande tu y croire...
Ce qui me fait peur, c'est l'Etat d'esprit dans lequel la gauche arrivera au pouvoir.
Je vais laisser de côté, la question du peuple, brillamment traitée par Laurent Bouvet (ici). Il s'agit plutôt de s'attaquer à cette idée reçue qui veut que tout les problèmes de la France en 2012 soient le résultat de la politique de la droite et uniquement d'elle et de Sarkozy en particulier. Il est vrai que Nicolas a particulièrement bien travaillé pour creuser la dette du pays, distribuer des cadeaux fiscaux, lessiver les services publics, essorer l'Ecole ou abaisser l'image de la France dans le monde. Ceci étant, il serait injuste de tout lui mettre sur le dos.
Ce serait oublier, le contexte dans lequel la France existe. Celui défini, il y a 20 ans par le traité de Maastricht. La marche vers l'euro, puis l'euro fort, ont anéanti notre tissu industriel. L'acceptation de l'ordre libéral et le chômage persistant, sont responsables de la situation actuelle. Et je ne parle pas des politiques scolaires. Tout cela, le PS au pouvoir y a contribué. Il a même mis sérieusement la main à la pâte quand il s'est agi de privatiser. Mais malin, il l'a fait sous couvert d'Europe, de modernité et en pleine période de croissance.
Pourquoi rappeler cela? Pourquoi gâcher la joie légitime de voir peut-être la droite battue pour la première fois depuis 1997?
Parce qu'on aimerait une victoire durable. Parce qu'on n'a pas envie de voir la gauche au pouvoir pour avoir une politique finalement de droite.
Scaramouche
Ce qui me fait peur, c'est l'Etat d'esprit dans lequel la gauche arrivera au pouvoir.
Je vais laisser de côté, la question du peuple, brillamment traitée par Laurent Bouvet (ici). Il s'agit plutôt de s'attaquer à cette idée reçue qui veut que tout les problèmes de la France en 2012 soient le résultat de la politique de la droite et uniquement d'elle et de Sarkozy en particulier. Il est vrai que Nicolas a particulièrement bien travaillé pour creuser la dette du pays, distribuer des cadeaux fiscaux, lessiver les services publics, essorer l'Ecole ou abaisser l'image de la France dans le monde. Ceci étant, il serait injuste de tout lui mettre sur le dos.
Ce serait oublier, le contexte dans lequel la France existe. Celui défini, il y a 20 ans par le traité de Maastricht. La marche vers l'euro, puis l'euro fort, ont anéanti notre tissu industriel. L'acceptation de l'ordre libéral et le chômage persistant, sont responsables de la situation actuelle. Et je ne parle pas des politiques scolaires. Tout cela, le PS au pouvoir y a contribué. Il a même mis sérieusement la main à la pâte quand il s'est agi de privatiser. Mais malin, il l'a fait sous couvert d'Europe, de modernité et en pleine période de croissance.
Pourquoi rappeler cela? Pourquoi gâcher la joie légitime de voir peut-être la droite battue pour la première fois depuis 1997?
Parce qu'on aimerait une victoire durable. Parce qu'on n'a pas envie de voir la gauche au pouvoir pour avoir une politique finalement de droite.
Scaramouche
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samedi 4 février 2012
Rien n'est jamais
Rien n'est jamais acquis à l'Homme
ni sa force, ni sa faiblesse...
Aragon
Quel beau métier que celui de commentateur professionnel. Être payé pour dire tout haut ce que les élites pensent entre elles. Pourquoi y-a-t-il encore des fait-diversiers pour se lever la nuit pour un salaire de misère, quand un chroniqueur est grassement payé pour pondre entre deux tartines ( ou entre deux oeufs ) le "bon mot" du matin ? Mercredi, à l'annonce du retrait de Jean-Pierre Chevènement de la politique, certains commentateurs ont eu un orgasme. Ils ont tartiné en mettant du coeur à l'ouvrage, parfois bassement. Vae victis?
Oui, le nom de Chevènement n'a pas décollé dans les sondages. Non, il n'avait pas derrière lui, une machine biberonnée aux subventions directes ou indirectes, une armada de communicants, un réseau d'élus lui assurant à coup sûr des parrainages, 10000 employés communaux pour remplir un stade. Non, Chevènement n'est pas un bateleur de foire qui en échange de deux ou trois "noms d'oiseaux" promet la solution miracle qui lave plus blanc que blanc. Non, il parle un langage complexe, parfois technique, qui n'est pas adapté au format audiovisuel ( et surtout télévisuel ), mais qui est compréhensible pour celui qui prend le temps.
Et c'est un des drames de cette ère du bougisme qui ne laisse plus de place au temps de lire, au temps de débattre, au temps de réfléchir. Il y a le grand candidat. Il est grand parce qu'un jeu de ping pong se crée entre les médias télévisuels et les sondages. Les autres, on se demande toujours, narquois, où ils sont passés.
Ce qui me chagrine dans l'affaire, ce ne sont pas les commentaires méprisants des chiens de garde de l'ordre néo-libéral. Ceux-là ont raison d'être haineux envers Chevènement, il menace leur petit intérêt égoïste. Ce qui me chagrine, c'est de penser à la masse des gens qui, une fois de plus, votera par dépit, parce qu'elle n'a pas eu le temps ni l'occasion d'entendre une autre manière de pensée, de solliciter son intelligence, d'inscrire sa réflexion dans la durée.
Heureusement, le temps, on fini toujours par l'avoir. Pas en 2012, peut-être en 2017, voire au delà. La politique, c'est comme le jardinage, il faut de la patience. Et à ces types qui se réjouissent de la "fin" du Che, je n'ai même pas envie de dire la vérité. Peu importe comment s'appelle celui qui portera ses idées au pouvoir parce qu'elles y arriveront.
Le Che, il est encore capable et puis c'est un peu l'ogre de la nouvelle de Bruckner. Dans cette histoire, tous ceux qui ont goûté sa chair deviennent à leur tour des ogres. Aujourd'hui, beaucoup ont mangé du Che. Pour l'instant, ils marchent seuls, enfants de l'individualisme. Mais ça ne durera pas. En signant son communiqué mercredi, Chevènement avait un peu du Zarathoustra de Nietzsche.
Le lion est venu, mes enfants sont proches.
Scaramouche (pas prêt à ranger sa lame)
ni sa force, ni sa faiblesse...
Aragon
Quel beau métier que celui de commentateur professionnel. Être payé pour dire tout haut ce que les élites pensent entre elles. Pourquoi y-a-t-il encore des fait-diversiers pour se lever la nuit pour un salaire de misère, quand un chroniqueur est grassement payé pour pondre entre deux tartines ( ou entre deux oeufs ) le "bon mot" du matin ? Mercredi, à l'annonce du retrait de Jean-Pierre Chevènement de la politique, certains commentateurs ont eu un orgasme. Ils ont tartiné en mettant du coeur à l'ouvrage, parfois bassement. Vae victis?
Oui, le nom de Chevènement n'a pas décollé dans les sondages. Non, il n'avait pas derrière lui, une machine biberonnée aux subventions directes ou indirectes, une armada de communicants, un réseau d'élus lui assurant à coup sûr des parrainages, 10000 employés communaux pour remplir un stade. Non, Chevènement n'est pas un bateleur de foire qui en échange de deux ou trois "noms d'oiseaux" promet la solution miracle qui lave plus blanc que blanc. Non, il parle un langage complexe, parfois technique, qui n'est pas adapté au format audiovisuel ( et surtout télévisuel ), mais qui est compréhensible pour celui qui prend le temps.
Et c'est un des drames de cette ère du bougisme qui ne laisse plus de place au temps de lire, au temps de débattre, au temps de réfléchir. Il y a le grand candidat. Il est grand parce qu'un jeu de ping pong se crée entre les médias télévisuels et les sondages. Les autres, on se demande toujours, narquois, où ils sont passés.
Ce qui me chagrine dans l'affaire, ce ne sont pas les commentaires méprisants des chiens de garde de l'ordre néo-libéral. Ceux-là ont raison d'être haineux envers Chevènement, il menace leur petit intérêt égoïste. Ce qui me chagrine, c'est de penser à la masse des gens qui, une fois de plus, votera par dépit, parce qu'elle n'a pas eu le temps ni l'occasion d'entendre une autre manière de pensée, de solliciter son intelligence, d'inscrire sa réflexion dans la durée.
Heureusement, le temps, on fini toujours par l'avoir. Pas en 2012, peut-être en 2017, voire au delà. La politique, c'est comme le jardinage, il faut de la patience. Et à ces types qui se réjouissent de la "fin" du Che, je n'ai même pas envie de dire la vérité. Peu importe comment s'appelle celui qui portera ses idées au pouvoir parce qu'elles y arriveront.
Le Che, il est encore capable et puis c'est un peu l'ogre de la nouvelle de Bruckner. Dans cette histoire, tous ceux qui ont goûté sa chair deviennent à leur tour des ogres. Aujourd'hui, beaucoup ont mangé du Che. Pour l'instant, ils marchent seuls, enfants de l'individualisme. Mais ça ne durera pas. En signant son communiqué mercredi, Chevènement avait un peu du Zarathoustra de Nietzsche.
Le lion est venu, mes enfants sont proches.
Scaramouche (pas prêt à ranger sa lame)
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